Rencontres de Géographie de la Santé>
Processus de la violence envers la grossesse en situation de sans-abrisme
Maria Iasagkasvili  1@  , Clélia Gasquet-Blanchard@
1 : Université de Rennes 2
UMR CNRS 6590, ESO - Espaces et Sociétés

Dans le cadre d'un exercice mixte de chercheuses et de professionnelles de santé, qui permet une documentation concrète des situations dans les lieux des institutions (tribunal, association, accueil de jour, etc.), nous proposons une analyse des expériences vécues de femmes enceintes en situation de grande précarité en Ile de France. Les situations observées révèlent des processus d'une action publique qui définit ces femmes comme indésirables, permettant la justification d'une violence lente dont l'application spatiale entraine des mobilités contraintes, dont une hypermobilité et l'impossibilité d'habiter. Cette analyse nous a conduit à proposer un basculement notionnel. Plus que des inégalités sociales et spatiales de santé, il s'agit d'injustices. Ces femmes sont confrontées à des logiques qui participent à les entraver dans leur existence, leur accès aux droits les plus fondamentaux (logement et hébergement) préalable à l'accès aux soins et à la santé. Les difficultés rencontrées par ces femmes, sont liées à des politiques publiques instituées par les logiques de tri et de décentralisation de l'hébergement d'urgence qui aggravent et détériorent de manière significative leurs états de santé et ceux de leurs enfants. Plus qu'une politique assumée de « non » accueil, l'Etat français fabrique et entretient les dynamiques d'invisibilisation et nie l'existence de ces personnes par la destruction des habitats précaires en même temps que leurs états de santé.


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