L'Inégalité de l'accès aux soins de médecins généralistes en France métropolitaine
Jean Marc Mace  1@  , Katerina Kononovich  2@  
1 : Laboratoire interdisciplinaire de recherche en sciences de láction
Conservatoire National des Arts et Métiers [CNAM] : EA4603
2 : lirsa
Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)

Les pratiques spatiales des usagers en matière de recours aux soins ne suivent pas forcément la logique administrative des décideurs publics. Ceci n'apparaît pas irrationnel compte tenu du libre choix du médecin par l'usager. Cette condition de liberté de choix représente d'ailleurs la « pierre angulaire » du système de santé français. Dans la mesure où le territoire administratif n'est pas en adéquation avec la réelle pratique spatiale des usagers, les pouvoirs publics répondent-ils vraiment aux vrais besoins de la population ?
En effet, la notion de territoire est polysémique (région, département, canton, commune), il est par conséquent impératif de disposer d'un territoire d'étude cohérent. La difficulté essentielle d'un diagnostic territorial réside dans sa granulométrie, c'est à dire, de la maille spatiale retenue pour l'élaborer. Le territoire de la commune apparaît bien souvent trop petit, tant il est vrai que pour la pérennité d'un offreur sanitaire (hôpital, cabinet médical, etc.) est conditionnée à une échelle économique territoriale. En revanche, la taille du département est bien évidemment trop vaste, car les caractéristiques des populations infradépartementales ne sont pas identiques en son sein.
La recherche du territoire pertinent apparaît donc nécessaire », ce dernier étant le reflet de la pratique spatiale des usagers. Pour définir cette entité spatiale opérationnelle, cette étude propose de s'appuyer sur la notion du « territoire vécu ». Cette approche empirique est basée sur une territorialisation respectant au mieux la « territorialité » des individus, c'est à dire, un espace géographique reflétant le recours aux soins de première ligne par les usagers (cabinets des médecins généralistes). Le choix de territoire vécu en tant qu'une maille territoriale permet de mettre en exergue la nature dynamique ainsi que la flexibilité du territoire de soins, où le choix d'un médecin n'est pas uniquement défini par le lieu et la proximité de résidence de l'usager.
D'un point de vue de la méthodologie, afin de rechercher une meilleure justice spatiale, c'est à partir de cette maille territoriale opérationnelle (le territoire vécu) que sera conduite une analyse de différents indicateurs sanitaires, socioéconomiques, électoraux, et démographiques afin de mettre en exergue les fractures spatiales de l'accès aux soins au niveau de la France métropolitaine. En effet, la recherche de la meilleure adéquation de l'accès aux soins de première ligne des populations au sein de leur territoire passe par le « jeu dialectique » entre l'offre et les « besoins de soins » des populations.
Cette étude, ciblant une offre de soins de plus en plus dissociée des « besoins » réels des populations inégalement desservies, devrait permettre aux responsables politiques, et aux élus (Gauche, Centristes, Droite) d'intégrer les problématiques d'accès aux soins de la population dont la crise sanitaire de 2019-2021 a révélé une indigence flagrante au sein de leur programme électoral respectif.


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