Fortes chaleurs, santé et ville : des inégalités spatiales distinctes des inégalités sociales ?
Franck Guérit  1@  , Oumar Marega  2@  
1 : Centre d'Etudes pour le Développement des Territoires et l'Environnement  (CEDETE)
Université d'Orléans : EA1210
10, rue de Tours 45100 Orléans -  France
2 : Centre d'Études pour le Développement des Territoires et l'Environnement
Université d'Orléans : EA1210

L'une des manifestations du changement climatique est l'élévation générale des températures qui se manifeste en ville par une augmentation du nombre de jours de fortes chaleurs. Ce changement pose, aujourd'hui et de plus en plus dans le futur, des questions sanitaires et d'adaptation des populations et des territoires urbains.
Dans le cadre du programme national POPSU Métropole, une recherche (2021) a été consacrée à l'impact actuel de ces fortes chaleurs sur les conditions de vie des habitants de l'agglomération d'Orléans, selon trois catégories de territoires : centre ville ancien ; ensembles collectifs de la banlieue ; lotissements pavillonnaires. Il s'agissait de mesurer les conséquences des fortes chaleurs sur leur santé et leur bien-être en termes de symptômes (fatigue, maux de tête, coups de chaleur...) et d'inconfort. L'approche méthodologique a privilégié une enquête par questionnaire (printemps et été 2021, 332 personnes interrogées), réalisée selon un échantillonnage représentatif des trois catégories de lieux. Enfin l'objectif de notre travail était d'étudier les réactions des habitants à ces phénomènes en tenant compte de leurs caractéristiques socio- démographiques et de leurs lieux de vie.
Cette étude montre un réel impact des fortes chaleurs sur l'échantillon : ainsi, seulement 20 % des personnes interrogées déclarent n'avoir développé aucun symptômes ; et a contrario 60 % des personnes questionnées déclarent avoir ressenti un sentiment de fatigue et d'épuisement lié au contexte de forte chaleur. 11 % indiquent avoir développé des coups de chaleurs.
L'hyper centre ancien, pré-industriel, apparaît ainsi comme l'espace le plus vulnérable du fait des caractéristiques de son bâti et de son manque de confort : c'est dans ce secteur que se concentrent les indicateurs les plus défavorables en terme de réaction de la population aux fortes chaleurs. A l'inverse, les quartiers résidentiels pavillonnaires montrent des espaces moins vulnérables, et donc habités par des populations qui subissent moins ces épisodes. Enfin les espaces des grands ensembles collectifs se positionnent dans une situation intermédiaire, en terme de vulnérabilité : à rebours des fragilités socio-économiques de ces quartiers, leurs habitants semblent moins souffrir des journées chaudes.
Ce travail met en exergue les stratégies d'adaptation différenciées des habitants selon leurs profils socio-démographiques et en fonction de leur zone de résidence. Nous soulignons qu'une diversité de stratégies, liées à des comportements individuels, se dessine, mais qui reste fondamentalement dépendante des caractéristiques de l'espace privé (domicile) et de l'espace public. Nous avançons que, en dehors de facteurs sociaux et démographiques que nous ne pouvons nier, le déterminant spatial de la localisation résidentielle joue un rôle clé.


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