Vélo et territoires : du geste barrière à la prise en compte de la santé globale ?
Emmanuelle Faure  1@  , Audrey Bochaton  2@  , Kaduna-Eve Demailly  3@  
1 : LABÚRBA
Université Gustave Eiffel : EA3482, Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne - Paris 12 : EA7374
2 : Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces  (LADYSS)  -  Site web
Université Paris X - Paris Ouest Nanterre La Défense, Université Paris VIII - Vincennes Saint-Denis, Université Paris VII - Paris Diderot, Université Paris I - Panthéon-Sorbonne, CNRS : UMR7533
Université Paris Ouest Nanterre La Défense Bâtiment T 200 avenue de la République 92001 Nanterre cedex -  France
3 : UMR 7533 LADYSS  (Laboratoire des Dynamiques Sociales et Recompositions des Espaces)
Université Paris I - Panthéon-Sorbonne
2 rue Valette 75005 Paris -  France

Cette présentation s'insère dans le projet Mama (Monde d'Avant – Monde d'Après) financé par l'InSHS du CNRS (2021-2014). La crise de la Covid19 questionne nos habitudes de mobilité. Elle a en effet occasionné d'importants changements tant dans les pratiques des usager.ère.s que dans les politiques publiques en matière d'aménagements piétons et cyclistes (mise en place de pistes cyclables temporaires ou “coronapistes”, incitation financière à la réparation des vélos, etc.). Alors que les transports en commun, perçus comme de potentiels lieux de contamination, et déconseillés à ce titre par l'OMS, ont vu leur fréquentation diminuer, les mobilités actives (vélo et marche) ont quant à elles augmenté de façon importante au moment du déconfinement, en particulier dans les grandes villes. À l'échelle nationale, l'association française Vélo et Territoires a en effet relevé une augmentation moyenne de 28% des passages journaliers en 2021 par rapport à 2019 qui se décline ainsi selon les territoires : +31% en milieu urbain, +20% en périurbain et +14% en milieu rural. Dans la seule ville de Paris par exemple, la pratique s'amplifie fortement, avec 53% de passages supplémentaires comptabilisés par rapport à 2019. Néanmoins, le report modal se fait également vers la voiture individuelle, de façon significative dans certains pays ou certaines régions. C'est dans ce contexte, qu'en mai 2020, au moment du 1er déconfinement, la pratique du vélo a été promue comme « geste barrière ». Cette rhétorique autour des enjeux de santé s'inscrit-elle dans la durée dans la mesure où le vélo est aussi un outil de promotion de la mobilité active soit d'une activité physique au quotidien, et donc un outil favorable à la santé sur le long terme ? Nous proposons d'explorer les politiques publiques et les pratiques des usager.ère.s du vélo à l'aune de cet argument santé, avant et après la crise sanitaire, pour analyser leurs formes et évolutions (rupture ou continuité). Il s'agira ici d'examiner si la crise sanitaire a été un accélérateur de la prise en compte des questions de santé pour justifier le développement des mobilités cyclistes en ville et plus largement en France. Cet argument a-t-il fonctionné uniquement le temps de la crise sanitaire, ou bien se pérennise-t-il aujourd'hui ? Dans quelle mesure la santé constitue-t-elle un déterminant de la pratique du vélo chez les usager.ère.s ? Enfin, les dynamiques observées sont-elles comparables dans tous les territoires et peut-on relever des contrastes territoriaux entre les centres urbains et leurs périphéries, entre centres urbains, ou encore dans les espaces ruraux par exemple ?
Ces questions seront examinées à partir d'une série d'entretiens réalisés en novembre et décembre 2021 auprès d'acteurs associatifs agissant en France et en Ile-de-France, ainsi qu'au travers de l'analyse de la littérature grise produite par les institutions et les associations autour des enjeux des mobilités actives et du vélo.


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